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Motus est bouche cousue (Creepy Pasta)

il y a 1 heure
5 min de lecture

Connaissez-vous l'origine de l'expression « motus et bouche cousue » ?

Oh, évidemment, vous pourrez trouver toutes sortes d'origines à cette expression, car aucune n'est reconnue comme « la vraie », comme vous pouvez le lire ici.

Mais voici la plus terrifiante d'entre elles, qui s’est transmises comme beaucoup d’autres : de bouches à oreilles.



🎧 L'histoire est créée initialement spécifiquement pour l'audio. Vous pouvez l'écouter ici pour ne rater aucun indice sonore :




On raconte cette histoire depuis des centaines d'années, depuis ce qui s'est passé cette nuit-là, la nuit du 31 octobre.

Il y avait un homme, il y a très longtemps, qui avait un fils : Motus.

Et ce fils avait une habitude que son père ne supportait pas : il observait.

Motus pouvait rester très longtemps au même endroit sans parler ni bouger. Sa mère le retrouvait parfois derrière une porte entrouverte, avec seulement un œil dans l’interstice. Ses frères se réveillaient et le découvraient assis par terre, dans l'encadrement de leur chambre, à les regarder dormir.


Mais c'était surtout son père qu'il suivait.

Quand l'homme travaillait dans la grange, Motus restait derrière les bottes de foin. Quand il coupait du bois, le garçon l'observait depuis la fenêtre. Et lorsqu'il partait suffisamment loin de la maison pour penser être enfin seul, il lui arrivait de se retourner et d'apercevoir son fils quelques dizaines de mètres derrière lui.


Le plus étrange, c'était ce qui se passait lorsqu'on le surprenait.

Un jour, sa mère l'avait trouvé caché sous la table alors qu'elle pensait être seule dans la cuisine. Elle avait simplement prononcé son prénom.

Motus s'était jeté sur elle.

Il avait renversé la table, brisé deux assiettes et griffé les bras de sa mère jusqu'au sang. Ses frères avaient dû aider leur père à le maintenir au sol.

Et puis, aussi soudainement qu'elle avait commencé, la colère s'était arrêtée.

Motus était remonté dans sa chambre sans un mot.

Le soir même, il était de nouveau derrière une porte à regarder.


Avec les années, son père avait commencé à ne plus supporter cette présence silencieuse. Cette impression d'être observé jusque chez lui.

Et dans la nuit du 31 octobre, il s'est réveillé.

Motus était au bord de son lit.

Il ne voyait d'abord que ses cheveux.

Puis son front.

Et juste au-dessus du matelas, deux grands yeux ronds qui le regardaient dormir.


Garçon de la creepy pasta d'halloween vous observant

Cette fois, son père a perdu le contrôle.

Il lui a d'abord arraché les yeux.

Comme il n'avait rien sous la main, il les lui a arrachés des orbites avec ses doigts.

Le gamin a hurlé jusqu'à ce que le soleil se lève.

À la lumière du jour, il a pris une aiguille et du fil de chanvre, celui qu'on utilisait pour recoudre les sacs de grain, et il lui a cousu la bouche. Il a pris son temps, il a fait ça proprement, comme un travail de ferme.

Il paraît qu'il lui a parlé pendant qu'il le faisait. Personne d'autre que l'enfant ne sait ce qu'il lui a dit, et il n'est plus en mesure de le répéter à quiconque depuis ce jour.

Mais la légende dit qu'il lui aurait dit quelque chose comme : « Tu auras désormais une bonne raison de te taire. Motus EST bouche cousue. »


Ce qu'on sait, c'est que le père l'a laissé partir dans les bois cette nuit-là, en se disant qu'un gosse aveugle avec la bouche fermée ne passerait pas trois jours dehors, et qu'il ne pourrait rien raconter à personne.

Il s'est trompé.

Il ne pouvait plus voir, il ne pouvait plus parler, il ne pouvait même plus ouvrir la bouche pour manger normalement, et le seul bruit que sa langue arrivait encore à produire derrière ses lèvres cousues, c'était un claquement contre son palais. Ce petit bruit sec que vous connaissez tous, mais… la bouche fermée.

C'est devenu sa voix, et c'est devenu ses yeux.

Parce qu'un son, quand il part, ricoche sur un mur, un arbre, ou un corps, et il revient. Et si vous passez assez de temps dans le noir, vous finissez par entendre la différence entre ce qui revient tout de suite et ce qui met un peu plus longtemps.

C'est comme ça que se déplacent réellement certaines personnes aveugles, sauf que celles-là ont mis des années à l'apprendre dans de bonnes conditions, avec des gens autour d'elles pour les aider.

Lui, il l'a appris seul, dans une forêt, avec du fil de chanvre dans les lèvres.


Personne ne sait combien de temps il a vécu là-dedans, ni comment, ni même s'il est mort, ni où. On sait seulement qu'il est revenu.

Il est revenu la nuit du 31 octobre qui a suivi, et il est revenu pour le même homme, parce que ce qu'on lui avait fait cette nuit-là lui était resté en travers de la gorge. Et sa bouche étant cousue, cette chose ne pu en sortir.

Sauf que le père était mort le mois d'avant, dans son lit, tranquillement. Alors il ne l'a pas trouvé. Alors il a continué de chercher.

Cette nuit-là, il n'y avait plus que sa mère, ses frères et ses sœurs dans la maison. Il est entré, il est allé d'une chambre à l'autre, et il aurait sans doute fini par ressortir. Mais ils se sont réveillés. Et la dernière chose qu'ils ont entendue, c'est le claquement de Motus.


Leurs corps ont été retrouvés le lendemain, dans leurs lits, leurs orbites noires et vides.


Visage sans yeux, volé par le voleur d'yeux

Enfin… pas tous. Il y avait un enfant dans cette maison qui s'est réveillé lui aussi, qui l'a entendu passer dans le couloir, et qui n'a pas bougé. Il n’a pas fait un bruit, jusqu'au lever du jour.

C'est lui qui a raconté cette histoire. Et c'est de lui que vient la seule règle qu'on ait.

Depuis, on dit qu’il entre dans les maisons, une par une, la nuit du 31 octobre. Sans faire le moindre bruit, autre que celui dont il a besoin :

Il vient, il observe sans voir, en vous écoutant dormir, au pied de votre lit.

Si vous le laissez faire, peut-être que vous survivrez.

S'il sait qu'il a été vu, il fera en sorte que ce soit la dernière fois que vous le voyez.


Le claquement ne vous prévient de rien, parce que quand vous l'entendez, ça veut simplement dire qu'il est déjà entré. Et plus vous l'entendez, plus il s'est rapproché.

La seule chose qui vous reste, à ce moment-là, c'est de ne plus faire le moindre bruit.

Et si jamais ça s'arrête, si le bruit cesse d'un coup et que vous sentez cette impression très nette qu'il y a quelque chose dans la pièce qui vous écoute, alors surtout, ne montrez pas que vous l'avez remarqué.

Il aime vous observer, c'est ce qu'on lui a reproché toute son enfance, et c'est la seule chose qu'il ait jamais aimé faire. Le jour où il comprend que vous l'avez entendu, que vous savez qu'il est là, que vous êtes en train de le regarder dans le noir, il vous prend les yeux, exactement comme on lui a pris les siens, et il repart avec.


Certains l'appellent le Voleur d'yeux ou encore Motus. Mais le peu de gens qui racontent encore cette histoire ne lui donnent aucun nom, et je crois que c'est plus prudent.


Certains enfants l'ont même dessiné. Assurant l'avoir vu dans la nuit.


Dessin de motus est bouche cousue d'un enfant

Alors ce soir, si vous êtes couché, et que vous entendez ce petit bruit sec quelque part dans la maison, faites ce que faisait cet enfant avant vous.

Ne bougez plus. Ne dites rien. Et surtout, surtout, ne montrez jamais que vous l'avez entendu.

La prochaine fois que vous vous apprêtez à dire cette expression si connue, réfléchissez-y à deux fois. Il pourrait être dans les parages.

Motus… est… bouche cousue.

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NB : Les histoires écrites publiées sur ce site sont des transcriptions adaptées de récits audio. Elles conservent donc volontairement un rythme oral, pensé à l’origine pour l’écoute.

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